Un impératif : assurer la transition vers une ville écologique pour la santé et le bien être de tous

Le modèle de développement de la ville de ces 25 dernières années a consacré le règne du tout-béton, du tout-voiture, du tout-privé, du tout-concentré, du tout-bruyant, du tout-incinérateur, du tout ou rien…

Tout cela nous conduit à vivre dans une ville agressive, bruyante, étouffante, stressante, oppressante et défigurée.

Nous voulons au contraire construire un Marseille écologique, apaisé, paisible, verdoyant, réoxygéné, authentique et partagé dans laquelle les marseillais retrouvent un bien-être naturel et ont envie de se réapproprier leur ville. Ensemble, faisons en sorte que Marseille soit désignée à l’horizon 2030 Capitale verte européenne.

Opérer la mutation de nos modes de déplacements :

La politique des déplacements menée ces dernières années par l’équipe municipale nous a progressivement conduit dans une situation intenable et invivable. Chaque année, un conducteur marseillais perd 158 heures dans les bouchons. Trouver une place de stationnement relève du parcours du combattant et coûte une fortune. Tous les jours, nous angoissons pour arriver à l’heure pour déposer les enfants à la crèche, à l’école, au foot, à la danse, à la musique ou je ne sais où. Combien d’entre nous n’ont pas stressé pour ne pas arriver en retard au travail, à un rendez-vous ou à un examen ?

Au lieu de s’améliorer, les choses ne font qu’empirer. La ville est éventrée par des travaux qui, au final, ne régleront rien. Certes, le Jarret va être requalifié mais les voitures continueront à s’y agglutiner et à le polluer. Certes, le Cours Lieutaud verra ses trottoirs élargis mais il restera malheureusement un aspirateur à voitures. Bien sur, le Boulevard Urbain Sud décongestionnera une partie des quartiers sud mais il va défigurer et polluer des pans entiers de nos quartiers, à tel point d’ailleurs qu’une grande partie de la population de ce secteur commence, à juste titre, à s’y opposer.

Au total, ce seront près de 400 millions d’euros qui auront été dépensés sans que cela ne change fondamentalement et en profondeur notre quotidien et nos habitudes. Dans ces conditions, il ne faut pas faire culpabiliser gratuitement les marseillaises et les marseillais sur l’usage de leur voiture. Car la réalité, c’est tout simplement qu’ils ne peuvent pas faire autrement en raison de l’insuffisance des transports en commun et de l’absence des modes doux de déplacement.

Depuis 2014, aucun mètre supplémentaire de ligne de métro et de tramway n’a été réalisé. Le projet de prolongation du métro jusqu’à l’Hôpital Nord et jusqu’à Saint-Loup et celui de prolongation du tramway vers La Castellane au nord et vers La Rouvière au Sud n’ont absolument pas progressé alors qu’ils sont inscrits dans nos Schémas de Déplacements Urbains et que les budgets pour leurs études ont même parfois déjà été votés. Pire, la prolongation du métro jusqu’à Capitaine Gèze, pourtant achevée depuis 2014, aura dû attendre la fin de l’année 2019, soit plus de 6 ans, pour être mise en service et au service des marseillaises et des marseillais.

Il est plus que temps d’assumer une volonté forte et ambitieuse dans le domaine des transports et d’arrêter toute forme de renoncement. Bien sur, ce sera long et cher mais nous travaillons pour les générations à venir. Nous ne pouvons plus nous cacher systématiquement derrière le manque d’argent et les difficultés de réalisation. Il y a toujours mille bonnes raisons de renoncer. Mais ce n’est pas dans mon tempérament ni dans mes habitudes de capituler. Si je suis votre maire, je vous promets que j’irai me battre pour trouver les financements. J’irai faire le siège des Ministères et des lieux de pouvoir pour obtenir notre part et bénéficier des financements de l’État. Je renforcerai notre présence à Bruxelles pour capter les fonds européens et les subventions de la Commission. Je mobiliserai l’ensemble des collectivités locales (Métropole, Département, Région) autour de nos projets. Quand on est maire de la deuxième ville de France, on a les moyens de se faire entendre et d’obtenir des arbitrages favorables. Encore faut-il le vouloir profondément et passionnément !

Notre objectif politique sera donc de rattraper notre retard et de modifier nos usages :

23) Je relancerai les projets de prolongation du métro jusqu’à l’Hôpital Nord et jusqu’à Saint-Loup

24) Je reprendrai les projets de prolongation du tramway au Nord et sud de la ville. Au nord, une première phase d’extension débutera pour aller jusqu’au Lycée Saint-Exupéry en passant par les quartiers Oddo, Cabucelle, les Abattoirs, La calade, Campâgne-Levêque et enfin Saint Exupéry. Une deuxième phase devra poursuivre la ligne vers Saint-André, Saint Henri et La Castellane. Au sud, une première phase d’extension débutera pour aller jusqu’au Pôle d’échanges du Boulevard Urbain Sud en passant par Jean Bouin, Coin Joli, l’Hôpital Sainte-Marguerite et Boulevard Urbain Sud. Une deuxième phase poursuivra la ligne en passant par Allée des Pins, Valmante pour finir à La Rouvière.

25) Des études seront rapidement programmées pour la réalisation d’une liaison rapide entre le centre de Marseille et l’aéroport de Marignane comme il en existe dans la plupart des grandes villes Européennes

26) Les navettes maritimes de l’Estaque au vieux Port et de la Pointe Rouge au Vieux-Port seront maintenues et développées

27) Des parkings relais surveillés et sécurisés seront construits aux entrées de la ville et au terminus des lignes de tramway et de métro. Des vélos électriques y seront disponibles en libre-service.

28) Une incitation à l’usage des transports en commun sera assumée par la gratuité des transports pour les moins de 25 ans qui sont scolarisés, en formation ou à la recherche d’emploi et pour les plus de 65 ans qui ne sont pas imposables. Pour les plus de 65 ans imposables, un tarif forfaitaire et unique de 10 euros mensuels ou de 100 euros annuels sera mis en place afin de favoriser l’usage des transports collectifs mais aussi de simplifier et d’harmoniser une tarification aujourd’hui trop complexe.

29) Un moratoire pour la réalisation de la dernière tranche du Boulevard Urbain sud sera décidé. Une nouvelle concertation sera lancée afin d’étudier un projet alternatif plus respectueux de la qualité de vie des riverains et de l’environnement, y compris de la pinède du Roy d’Espagne.

30) La circulation des poids lourds en centre-ville et dans les noyaux villageois sera progressivement interdite grâce à la mise en place d’un dispositif spécifique dit du « dernier kilomètre ». Les livraisons seront réalisées depuis des plates-formes de délestage par des véhicules électriques

31) Le parc automobile de la mairie sera progressivement reconverti au tout-électrique

32) D’ici la fin du mandat, la très grande majorité des bus de la RTM circulant dans Marseille seront électriques

33) Les parkings seront progressivement remunicipalisés afin de les rendre plus accessibles et moins chers

34) Un itinéraire cyclable de la plage des Corbières à Callelongue sera créé avec l’objectif d’arriver à rendre agréables et sécurisés 40% des 1 300 kilomètres des voiries de notre ville. Des parkings à vélos seront installés dans plusieurs points de la ville

35) Des cheminements piétons seront clairement identifiés et aménagés pour permettre de sillonner la ville en sécurité. Un cheminement spécifique permettra de découvrir les différents lieux, monuments et patrimoines historiques de Marseille.

Oser l’écologie urbaine pour améliorer notre cadre de vie :

Chacun constate l’urbanisation à outrance et la bétonisation progressive de la ville. Les places minérales sans espace vert et sans banc sont devenues la règle. Les arbres sont trop souvent abattus, les espaces naturels trop souvent grignotés dans le cadre de projets immobiliers ou d’aménagements urbains. Bien sur, la ville doit se développer mais elle doit le faire en préservant le bien être des habitants, en protégeant son environnement et la biodiversité qui le compose. Nous sommes un peuple méditerranéen. Nous aimons vivre à l’extérieur. Notre rapport à la mer est viscéral. Nos paysages, nos espaces naturels sont remarquables. Il est du devoir du Maire de Marseille de les protéger et conserver un équilibre indispensable.

36) La ceinture verte autour de Marseille constituée des massifs de la Nerthe, de l’Etoile, du Garlaban et des Calanques doit être préservée et protégée

37) Les recommandations contenues dans la trame verte et bleue inscrite au PLU seront strictement appliquées et respectées

38) Un Plan municipal « Faire respirer Marseille » sera établi en faisant appel aux meilleurs spécialistes français et européens : créations d’espaces verts urbains, implantation de forêts urbaines, plantations de 2500 arbres pendant le mandat, végétalisation des toits et des murs, transformation des friches et des parcelles abandonnées en jardins partagés. Un comité de suivi présidé par l’Adjoint à l’Environnement rassemblant les représentants des services concernés, les associations environnementales et de défense de l’environnement, des citoyens militants de la cause écologique sera chargé d’évaluer et d’accompagner la mise en œuvre de ce plan

39) Des barrières végétales et arborées seront installées le long des principaux axes routiers afin de créer des zones tampons tant pour le bruit que pour la pollution

40) L’agriculture urbaine sera développée et encouragée grâce à la réservation de 100 hectares de foncier agricole. La création des jardins partagés sera soutenue, l’agriculture bio sera privilégiée et des fermes pédagogiques seront installées dans des lieux adaptés.

41) Des coulées vertes aménagées le long du Ruisseau des Aygalades et de l’Huveaune permettront de mettre en valeur les cours d’eau et les vallons.

42) Nos principaux parcs publics deviendront des « parcs à thèmes » afin que les moments de détentes et de partage en famille ou entre amis puissent aussi se transformer en moment de découvertes et d’apprentissage de la nature dans sa diversité animale, végétale.

43) Une trame bleue marine située entre la frange littorale et une profondeur de 30 mètres sera reconnue car c’est là que se situent le plus grand réservoir de biodiversité et l’essentiel de la vie sous-marine. La ville renforcera son engagement et ses mesures afin de s’inscrire complètement dans le dispositif « Ports propres ». De même, Marseille se donnera comme comme objectif d’obtenir à terme le label « Pavillon bleu » pour ses plages

44) Le Palais du Pharo, lieu emblématique mais aujourd’hui réservé à quelques privilégiés pour des réceptions, accueillera la Maison de l’Écologie où les familles pourront venir découvrir, comprendre et assimiler les enjeux et les défis écologiques qui se présentent à nous. Outil pédagogique avant tout, l’objectif est de faire en sorte que chaque petit marseillais vienne au moins une fois avec sa classe lors de son enseignement à l’école primaire pour s’initier aux bons gestes et aux bons comportements. Ce lieu qui représente notre Histoire se tournera ainsi vers notre avenir

45) Le tri sélectif et le recyclage des déchets seront développés afin de rattraper notre incroyable retard dans ce domaine. Des politiques incitatives et vertueuses seront mises en place pour encourager le tri des déchets (comme par exemple la collecte de bouteilles en plastique entraînant une réduction sur l’achat d’un titre de transport)

Par ailleurs, il existe aujourd’hui 2 enjeux écologiques cruciaux pour Marseille car ils sont, chacun dans leur domaine, à la fois massifs et très impactants sur la santé et le quotidien des marseillais. Il s’agit, d’une part, de la très forte pollution provoquée par les bateaux de croisière et, d’autre part, de la mauvaise qualité de l’isolation énergétique de l’habitat de l’autre côté.

La pollution provoquée aujourd’hui par les bateaux de croisière dépasse celle engendrée par les voitures.

C’est dire si l’enjeu est important et s’il est capital de réussir à réduire les émanations de gaz de ces paquebots.

Quatre mesures devront être prises dans les meilleurs délais:

46) La poursuite et l’accélération de l’électrification totale des quais du Port de Marseille

47) L’obligation de se brancher à quais pour tous les navires amarrés dans le Port

48) L’interdiction progressive faite aux navires au fioul lourd d’entrer dans le port de Marseille

49) À terme, une Charte sera signée entre la Ville, le Port et les Compagnies de Croisières afin de limiter la teneur en soufre du carburant de leurs paquebots à 0,1% comme cela est déjà le cas dans de nombreux ports de la mer du Nord, de la Baltique et de la Manche.

De très nombreux logements du Parc public ou du secteur privé sont de véritables passoires énergétiques.

Les défauts d’isolation thermique augmentent de façon importante la consommation d’énergie et ont des conséquences budgétaires parfois dramatiques sur les foyers marseillais. 2 actions seront menées pour combattre cette situation :

50) Une Agence municipale des économies d’énergie sera mise en place. De manière transversale et multisectorielle, cette Agence aura pour objectif la recherche de toutes les formes d’économies d’énergie et la lutte contre toutes les formes de gaspillage énergétique. Elle pourra faire des prescriptions tant aux utilisateurs publics qu’aux bailleurs sociaux notamment dans le cadre de l’amélioration de l’isolation thermique.

51) En lien avec les bailleurs sociaux, un Programme pluriannuel de rénovation énergétique de l’ensemble du Parc public des logements de la ville de Marseille sera lancé

52) Un Plan de lutte contre la précarité énergétique sera mis en place dans le parc privé. Le CCAS sera mobilisé pour aider et accompagner les ménages qui le souhaitent tant sur le diagnostic à réaliser que sur les démarches à effectuer pour obtenir les aides financières prévues à cet effet.