La plus grande chance des Marseillaises et des Marseillais, c’est Marseille

Ville chargée d’histoire et de mutations, Marseille s’est forgée et enrichie au fil du temps, au gré des civilisations qui se sont succédées. Ville méditerranéenne ouverte sur la mer, portuaire et populaire, accueillante et chaleureuse, rebelle et passionnée, Marseille est à la fois unique et atypique. C’est pour cela que nous l’aimons tant !

Marseille a des atouts exceptionnels. Nous le savons, nous les connaissons. Des talents humains et une énergie débordante que l’on ressent partout dans notre ville. Une population jeune, dynamique et ingénieuse qui ne demande qu’à s’épanouir et se mobiliser. Une situation géographique exceptionnelle au cœur de l’arc Méditerranéen qui en fait un lien naturel entre l’Europe du sud et l’autre rive de la Méditerranée. Un Port autonome qui doit poursuivre sa mutation et s’ouvrir sur la ville. Un tissu économique performant et diversifié, composé de grandes entreprises, de PME et TPE qui possèdent un savoir-faire réel. Des Universités et des pôles d’excellence dans la recherche, la médecine, les nouvelles technologies mondialement connus. Une attractivité touristique que beaucoup nous envie. Un tissu associatif, sportif et culturel qui contribue fortement à la vitalité et au rayonnement de notre ville.

Mais faute d’exploiter tous ces atouts, nous avons aussi un énorme sentiment de gâchis et de frustration. En effet, qu’avons-nous fait de ce positionnement géostratégique ? Où sont passées nos industries remplacées peu à peu par des friches inexploitées ? Qu’est devenu notre centre-ville, son animation, sa convivialité ? Pourquoi nos écoles sont-elles en si mauvais état qu’elles en sont devenues une honte pour la République ? Pourquoi y-a-t-il autant d’immeubles, d’appartements insalubres et indignes dans notre ville? Pourquoi les transports en commun sont-ils aussi peu développés laissant des pans entiers de la 2eme ville de France sans métro ni tramway ? Pourquoi nos rues sont sales, cabossées et éventrées ? Pourquoi nos piscines ferment alors que de nouvelles ouvrent partout en France ? Pourquoi nos plages sont régulièrement fermées pour cause de pollution ? Pourquoi l’insécurité, la délinquance, la violence sont aussi pesantes dans notre ville ? Pourquoi des quartiers entiers ont été abandonnés ? Pourquoi notre jeunesse a si souvent envie d’ailleurs ? Pourquoi, pourquoi, pourquoi…?

Les réponses à toutes ces questions et à sans doute bien d’autres, les marseillaises et les marseillais les attendent, souvent sans comprendre mais avec l’obligation de subir.

Certes, pendant les années Gaudin, des choses ont été faites et nous avons eu des réussites. En 26 ans, heureusement ! Euroméditerranée a permis la requalification du quartier d’affaires de La Joliette. Marseille, Capitale de la Culture nous a laissé le MUCEM. Le Parc National des Callanques a été créé.

Mais en vérité, derrière la carte postale et les belles images, Marseille est en souffrance et les marseillaises et les marseillais avec elle.

Marseille souffre

“Pas besoin d’experts ou de spécialistes pour évaluer la situation, chaque marseillais le mesure au quotidien : notre ville est en souffrance”

→ Marseille souffre de choix politiques qui n’ont fait que renforcer les inégalités, les injustices, les blessures dans une ville où la pauvreté s’est durablement installée, où des quartiers entiers se sont ghettoïsés, où la fracture entre le Nord et le Sud est devenue insupportable.

→ Marseille souffre du laisser-aller, du laxisme, de la passivité, de l’aveuglement et du déni aboutissant à un désordre généralisé qui paralyse la ville et conduit à l’escalade de l’insécurité.

→ Marseille souffre de la pollution à cause de transports en commun sous-dimensionnés, d’une urbanisation incontrôlée et d’une vision de la ville archaïque et dépassée.

→ Marseille souffre du recul de la République quand nos écoles n’arrivent plus à garantir l’égalité des chances pour nos enfants, quand l’insalubrité et l’indignité frappent tant de logements de notre ville.

→ Marseille souffre d’un chômage supérieur à la moyenne nationale qui laisse sans activité et sans avenir tant de Marseillaises et de Marseillais contraignant trop souvent nos enfants à partir de notre ville.

Après toutes ces années, Marseille a besoin d’être réparée.

Le redressement et la transformation de Marseille vont demander du courage, de la force, de la détermination, de la persévérance. Les freins, les résistances, les blocages seront nombreux mais nous saurons les surmonter. Car les marseillaises et les marseillais sont pleins de ressources, de talents, de créativité, d’énergie et de compétences. Et par-dessus tout, ils aiment leur ville.

Ensemble, nous pouvons suivre une autre voie que celle qui nous a été proposée depuis 25 ans et qui, nous le savons tous, nous emmène tout droit dans le mur.

Une autre voie qui replace les marseillaises et les marseillais au centre des politiques municipales et qui leur permet de se réapproprier leur ville.

→ Une ville où la Gouvernance sera transparente, participative et citoyenne.

→ Une ville où des choix politiques clairs, justes et équitables permettront le retour d’une autorité légitime pour des services publics municipaux de qualité présents partout sur le territoire de la ville.

→ Une ville où l’école redeviendra le principal moteur de l’égalité des chances et de la réussite pour nos enfants.

→ Une ville où l’écologie et le bien-être seront placés au cœur de toutes nos politiques publiques.

→ Une ville où le transport en commun et les modes doux seront une véritable alternative à la voiture.

→ Une ville où le combat contre le logement indigne et insalubre deviendra une vraie cause communale.

→ Une ville où la mobilisation pour la sécurité de tous, enfants, adolescents, adultes, anciens, sera une priorité.

→ Une ville où notre économie sera soutenue dans toute sa diversité, où nos commerçants du centre-ville et de nos noyaux villageois seront valorisés au lieu d’être affaiblis par l’installation de centres commerciaux et de grandes surfaces à la périphérie de la ville.

→ Une ville où nos rues seront propres et entretenues.

→ Une ville où les piscines, les équipements sportifs, culturels, sociaux permettront à chacun de s’épanouir et de bien vivre sa ville et sa vie.

Enfin et surtout, une ville unie et rassemblée, une ville une et indivisible où la République sera présente partout sur son territoire. Une ville qui ne fonctionnera plus à deux vitesses.

Nous ne pouvons plus accepter que des secteurs entiers de la ville s’enfoncent chaque jour un peu plus dans la pauvreté, l’exclusion, la violence, la ghettoïsation. Tant de quartiers de la ville ont été délaissés, abandonnés, oubliés et j’ose le dire, méprisés, relégués. Certains diront que les mots sont forts mais je les assume.

Il est du rôle du maire, je dirais même de son devoir, de ne pas ajouter des inégalités territoriales aux inégalités sociales. Le plus grand échec de la majorité sortante aura été de rompre l’égalité républicaine entre les marseillais.

Ne nous y trompons pas, la réunification de la ville est l’un des enjeux majeurs de cette élection car elle conditionne tout le reste. Elle est en soi une finalité mais elle aussi un point de départ.

En tout état de cause, si nous ne voulons pas que les marseillais finissent par s’opposer les uns aux autres, il est urgent de remettre de l’égalité, de l’équité, de la justice, de la cohésion entre eux.

Je veux être le maire d’une ville où il n’existera plus différentes catégories de marseillais mais un seul peuple : le peuple de Marseille. Une ville qui partage une communauté de destin et un avenir commun.

Alors Marseille pourra devenir forte, moderne, écologique et attractive.

Alors Marseille pourra redevenir apaisée, ouverte et accueillante.

Alors, Marseille pourra redevenir tout simplement Marseille.